Aïkido et armes

Le Jo , le Bokken et le Tanto

Le JO
Technique du bâton court (Jo, 1m28) inventée au XVIIe siècle par Muso Gonnosuke. Trouvant que le bâton long (Bo) n’était pas adapté pour vaincre un adversaire armé du sabre, il élabora une technique différente. La légende raconte qu’il put ainsi vaincre Miyamoto Musashi, infligeant à ce dernier la seule défaite de sa vie. Il créa alors l’école Shindo Muso-ryu.

Le Jo-jutsu ne vise pas à tuer l’adversaire, mais seulement à le mettre hors d’état de nuire. La technique du Jo-jutsu fut portée à son maximum d’efficacité par le Shindo Muso-ryu, qui enseignait 64 mouvements de base. L’école du Katori Shinto-ryu enseigne quant à elle douze techniques de maniement du Jo. Ces douze mouvements de base furent codifiés en 1955 et le Jo-jutsu devint alors le Jodo, « la Voie du bâton court ». Dans l’entraînement comme dans les combats, les combattants, vêtus d’un Hakama et d’un Haori, ne portent aucune protection. Le pratiquant de cet art se nomme Shijo. La police japonaise fait un grand usage du bâton court contre les manifestants.

Tout comme le Bokken et le Tanto, le Jo (bâton) est un outil pédagogique permettant d’appréhender les notions de distance et de placement. Il se pratique dans le cadre de l’aïki-jo, soit individuellement sous forme d’enchaînements simples (kata) regroupant différentes manipulations de base du bâton et permettant d’exercer son habileté gestuelle, soit avec un ou des partenaires dans des phases de simulation de combat (kumi-jo). Le bâton peut également être utilisé comme arme contre un partenaire à mains nues (jo-nage) ou au contraire comme moyen d’esquive sur une attaque à mains nues (jo-dori).

C’est une arme simple, primitive. Sa manipulation est liée à sa structure : un corps cylindrique et deux extrémités. Elle est apparentée à celle du Yari (lance) et du Naginata (fauchard). On trouve donc des mouvements d’estoc (piquer avec la pointe de la lance), de grands mouvements circulaires de taille (couper avec la lame du fauchard), des frappes, des fauchages et des blocages avec la hampe de l’arme.

Une autre particularité du Jo est sa parfaite symétrie. Sa section est circulaire : il n’est donc pas nécessaire de l’orienter pour frapper, contrairement à une coupe avec une lame qui doit avoir un angle d’attaque très précis. Ses deux extrémités sont équivalentes : une simple bascule de 180° permet d’avoir la même efficacité dans un coup d’estoc (tsuki).

Enfin de cette symétrie émerge le principal intérêt de l’aïki-jo : le placement des mains qui glissent continuellement sur la longueur du bâton en parfaite opposition et complémentarité pour pousser ou faire tourner l’arme. Cette pratique développe la coordination et le centrage de la gestuelle propre à l’aïkido, origine d’une véritable efficacité.

Le BOKKEN
Le Ken est le sabre, l’arme du Samourai, le reflet de son âme, le garde de son corps. En aucun cas, le Samourai ne se sépare de son Ken.

Dans la pratique, l’aïkidoka utilise une arme de bois, le Bokken, qui est l’image du sabre. O’senseï a beaucoup travaillé pour intégrer l’art du sabre dans l’aïkido. Son fils Kisshomaru Ueshiba a écrit dans « L’esprit de l’Aïkido » : la voie de l’Aïki et la voie de l’épée sont intimement liées au niveau des principes de base des mouvements et des méthodes.

En apparence, elles sont radicalement différentes dans la mesure où l’aïkido se pratique à mains nues, tandis que l’art de l’épée utilise une arme, mais, si l’on dépasse la surface des choses, de nombreux points communs peuvent être notés. La pratique du Ken en kumi tachi apprend énormément, tant sur le placement que sur la position des mains.

Ainsi, de nombreux professeurs utilisent des exercices de Ken pour illustrer des techniques à mains nues. La pratique en tachi dori apprend à gérer une distance plus grande qu’avec un Tanto, une attaque nettement plus dangereuse qui demande une vigilance accrue de la part des deux partenaires.

Le TANTO
Le Tanto, il s’agit d’une sorte de dague ou de poignard sans garde ne possédant qu’un seul tranchant. Dans la pratique du Tanto dori, où seul uke est armé, les techniques demandent à tori de réagir sur des attaques de type tsuki, shomen ou yokomen avec beaucoup plus de vigilance que lors des techniques à mains nues. Outre la distance légèrement plus courte par rapport à l’assaillant, il lui est absolument nécessaire de contrôler un tranchant qui est coupant. De plus, les techniques varient suivant le sens de tenue de l’arme. La terminaison de la technique subit aussi un changement quant à la récupération de l’arme. En aïkido, le Tanto n’est pratiqué que sous la forme dori.